Prélude au voyage
Un jour fatigués de nous même et des autres
Partir sur un vieux cargo déglingué direction Cuba
Sans idée de retour et surtout sans croire au paradis
Traîner avec toi sans but dans les rues de la Havane
Conduire une vieille Pontiac en longeant les golfes
Dans le plus vieil hôtel de la ville s’asseoir
Et écouter un vieux joueur de piano fatigué
Et s’attendre à tout car tout peut arriver
Même rencontrer Lavilliers qui sait ?
Parler avec ces gens qui ne rêvent que de partir
Quand on ne rêve que de rester quelle ironie !
S’arrêter, assoiffés et humides dans un rade délabré
Où depuis longtemps les mouches ont pris leurs quartiers
Se désaltérer à coup de Cachaça et de Cuba Libre
Refaire le monde avec toi jusqu’à l’aube
Vibrer ensemble des mêmes beautés
S’asseoir sous un porche dans une rue désuète
Rêver devant les couples lascifs danseurs de Salsa
Innocents diaboliques qui vous échauffent les sangs
Leur cuisse nue avançant et reculant un pas de Rumba
Simulant ce que pourrait être une nuit dans leurs draps
Et puis bénir la pluie tropicale, violente et hurlante
Courir se réfugier dans notre vieille baraque en taule
Et faire l’amour dans le fracas de l’orage
Puis s’endormir épuisés, bercés par ce vieux ventilateur
Suspendu là depuis des siècles à bercer les amants de Cuba…