Les éléments
Enfantée de l’improbable union
Des étés de feu et des hivers de pierre
Parfois glace comme l’acier du canon
J’ai poussé sur une terre brûlée
Balayée par de furieux vents contraires
Irriguée par un sang toxique
J’ai dressé un barrage hermétique
Ni fleuve ni océan
Aussi bâtarde qu’un estuaire
Moins noble qu’un Delta
Pierre polie par la souffrance
Madone déchue et profanée
Je suis ton impossible oubli
La tâche qui ne partira pas
Je suis ton insondable puit
L’eau tarie de ton âme
Je suis ton inavouable rêve
Celui que tu poursuis sans cesse
Sans profondeur ni trêve
Un songe de surface aliénant
Je suis devenue vent de sable
Celui qu’on craint et qui tue.
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