Exercice de style

Publié le par Milène se déchaîne

PETIT LEXIQUE FARFELU POUR NOS OBJETS MENAGERS

 

 

LIT : Meuble usuel de nos jours. On peut affirmer que 98 % des foyers en sont équipés. Les lits sont installés dans les chambres à coucher. Au moyen âge, un lit était signe d’une extrême richesse et d’une grande puissance ; les manants, les vilains et les gueux dormaient sur ce qu’on appelait une « paillasse » ( sorte de vieille étoffe rêche et puante) ou pis, dans l’étable parmi les animaux et leurs déjections.

Il va s’en dire que le lit peut être tout à fait modeste, peu cher et inconfortable à vous briser les reins jusqu’à être la Rolls Royce du lit avec options électriques, parlantes, chauffantes et thérapeutiques.

Il existe même quelques OVNI  matelatesques qui ont eu leur heure de gloire dans les sixties : les matelas à eau dont on ne sait toujours pas s’il faut en rire où en pleurer.

 

BIDET : Très joli objet en faïence, sorte de mini baignoire haut d’une cinquantaine de centimètres servant à prendre des bains de siège (cf. : Livre de Rika Zaraï) où pour être plus cru « pour se laver les fesses).

On peut dire que l’arrivée de la douche tua le bidet à partir des seventies mais depuis peu, quelques nostalgiques lui permettent de revivre en le plaçant dans le salon comme bac à fleurs où comme landau pour poupées en porcelaine.

 

GRANDE PIECE A VIVRE : Particularité des appartements côtés que l’on peut assimiler à des lofts. Les acheteurs cassent toutes les cloisons pour ne pas être dérangés dans « la vision globale de leur tout nouvel investissement » .

Une grande pièce à vivre regroupe quasiment toutes les pièces en une seule : cuisine, living room, salle à manger, salon et chambre. Sauf les lieux d’aisance mais ça ne saurait tarder.

Et oui, la maîtresse de maison veut une cuisine américaine pour je cite «  ne pas perdre le fil de la conversation avec ses invités » alors lorsqu’elle a attrapé une bonne gastro, elle veut pouvoir donner son opinion de visu sur le NON au référendum européen !

 

OBJETS DECORATIFS : Dans une pièce à vivre, on trouve quelques objets décoratifs ( mais pas trop) allant du tableau moderne dont on susurre le prix en gloussant à une collection d’objets et de masques africains douteux qu’on a payé à prix d’or sur le marché aux puces et dont on a aucune idée ni de la provenance ni de l’époque.

Pour ceux qui ont encore un pan de mur libre on peut aussi y trouver une très belle bibliothèque remplie d’objets décoratifs reliés que personne n’aurait l’idée d’ouvrir un jour.

 

CUISINE FONCTIONELLE : Endroit où l’on est censé faire à manger. Cette nouvelle cuisine est taillée sur mesure pour les personnes qui y officient. On peut y circuler sans entrave et tout y est pensé pour faciliter la vie de la ménagère : frigo américain qui épate le convive car il distribue des glaçons et lorsqu’il débloque quelquefois, ils les catapulte dans la pièce comme un engin de guerre, four intelligent à air pulsé et auto nettoyant qui quand il débloque décide de faire lui-même sa pyrolyse même quand le rosbif est en train de cuire et qu’il faut détruire la porte à coup de tournevis pour éviter la carbonisation et enfin le luxe suprême, le broyeur de détritus qui ne fait décidément pas la différence entre les restes de poulet et vos doigts. Enfin, le simple micro-ondes qui fait de plus en plus office de chef cuisinier.

 

CHEMINEE DESIGN : Dans les années 2000, il était de bon ton d’avoir une cheminée mais pas une banale qu’on choisit sur catalogue Lapeyre non, une que l’on dessine soi-même.

On peut aussi la classer parmi la catégorie « objets décoratifs » tant on ne s’en sert presque jamais ou alors à Noël. Elle ne procure plus une chaleur douce et bienfaisante mais vous anéanti de bouffées de chaleur surtout combinée au chauffage par le sol mal réglé.

D’où une recrudescence de consultations gynécologiques de femmes trentenaires se croyant atteintes de ménopause précoce. Non c’est le syndrome de la cheminée en taule.

 

ASPIRATEUR : Objet roulant non identifié qui se branche car il fonctionne à l’électricité. Il sert en gros à aspirer les saletés par terre comme les miettes, les cheveux, la boue, les poils de chat et les petits cailloux (cf. chansons de Francis Cabrel).

On est obligé de le ranger dans un placard à l’abri des regards car il n’est pas beau et il est tyrannique ; il vous fait vous sentir coupable à chaque fois que vous avez envie de faire autre chose de plus ludique comme lire ou réfléchir.

 

HOME CINEMA : Idéalement conçu pour avoir l’impression d’être au cinéma chez soi. Dans les années 2000, chacun, du plus pauvre au plus riche se doit de posséder son home cinéma. Dans la réalité des choses, beaucoup, du plus riche au plus pauvre ont eu du mal à rassembler tous les éléments des multiples cartons. Ils ont encore eu beaucoup plus de mal à effectuer tous les branchements vu que la notice était disponible uniquement en japonais. Enfin, ils ont cessé de s’en servir tant le bruit assourdissant que produisait le home cinéma leur brisait les tympans. Dans les années 2000, la moquette n’était plus à la mode à cause des acariens, on la remplaça donc par du carrelage qui a le désavantage de laisser glisse le son et de résonner furieusement.

 

CANAPE : Sorte de grand fauteuil confortable, descendant du sofa et de la méridienne. Autrefois, on y tenait conversation. Aujourd’hui on s’y prélasse en solitaire, je dirais même que l’on s’y avachi devant son home cinéma.

 

W.C- TOILETTES : Anciennement appelés «  lieux d’aisance » poétiquement. On en trouvait dans les maisons bourgeoises où dans les villes modernes. Dans le monde rural, chez les vilains, ils se trouvaient soit dans la cabane au fond du jardin (cf. chansons Francis Cabrel) soit dans un simple trou derrière une carcasse de tracteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Digressions verbales

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