Essai poétique

Publié le par Milène se déchaîne

INCOMPREHENSION

 

 

Dans le métro

Je cherche désespérément un regard

Un regard intéressant

Auquel m’accrocher

 

Chez mes parents

Je suis devenue une étrangère

Qu’ils ont l’habitude de voir

En ricanant

 

Au long de cette rue

Cafards, détritus et gens comme il faut

Se côtoient bien gentiment

Sans parapluie

 

Je hurle depuis si longtemps

Que mon cri se perd dans les sirènes d’usine

La solitude devient un réconfort

Le silence, une main caressante

 

Le printemps me rappelle douloureusement

Que tout explose de jeunesse, de fraîcheur

Voir le soleil me procure une lancinante douleur

Venue du plus profond de mon être

 

Un pot de géranium est bien plus doué

Pour aimer la vie

Qu’une femme de trente ans

Mon cœur est une maison pleine d’ombres

Qui, faute d’être habitée

Etouffe sous la poussière millénaire

 

Je me ballade, je suis en visite dans ma vie

Invitée non permanente et non affiliée

A un club qui s’est privatisé

Car je n’ai pas de projets financiers

 

Les murs ont de la peine à se tenir debout

Où bien est-ce moi qui titube sur le goudron ?

Tout se resserre autour de moi, tout devient plus petit

Les gens, les maisons, les villes l’espace

 

 

Les gens ne pleurent que ce qu’ils perdent

Jamais ce qu’ils gagnent

Les crânes sont en fusion

Depuis que les volcans se sont éteints

Des millions de crânes en ébullition

Des milliards de frustrations

 

Cachons nous dans les égouts

Ou dans un parallélépipède rectangle

Ou alors faisons la guerre aux gens heureux

Heureux de quoi et de quel droit ?

Ils ne savent même pas !

Plus heureux que leurs voisins ! Ouf ! Rassurés !

 

On tape à coups de marteaux sur la route

Non, c’est la douleur qui tape ma tête

Et bing, et bing et bing, je crois

Que je suis devenue une sorte

D’immonde hématome violacé…

 

 

 

 

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Publié dans Rimes vers la prose

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M
ça c'était avant que je découvre la drogue
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S
et bé...
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