Les défis à la con pour désoeuvrés

Publié le par Milène se déchaîne

Voilà, je suis en place, détendue, pleinement confiante en mon intelligence, un miroir en face de moi pour m’admirer à loisir et m’envoyer des baisers amicaux. Petit disque de Charlie Winston puis peut-être après un Steevie Ray Vaughan de derrière les fagots, je fais craquer mes doigts.

Alors voilà , je ne me suis pas contentée d’inventer une fable pour adolescents attardés, j’ai fait mieux que ça. Cette nuit je me suis rendue aux archives secrètes régionales de Châteauroux, j’ai fait sauter les portes blindées et j’ai découvert un fait divers qui remonte au 6 juillet 1950, mais resté secret- défense car beaucoup trop subversif.

 

Alors je vous remémorre les conditions :

 

12 prénoms commençant par la lettre G : Gérard, Guntach, Gunther, Germain, Gertrude, Géraldine, Gilberte, Geronimo, Gaston, Gérald, Ghislaine, Gabrielle.

4 villes commençant par la lettre S : Sète, Syracuse, Saint-Hilaire sur Bénaize, Sainte Sévère sur Indre.

9 animaux : le varan, le mainate, la chèvre, l’aï, la hyène, la couleuvre, le colvert, le sanglier, le chameau.

8 ustensiles de cuisine : la marise, le fouet, la cocotte, le couteau scie, la poche à douille, le rasoir à légumes, le moule à gaufres, la poele à frire, l’entonnoir.

Faire intervenir : 1 huissier,  1 boulanger, 1 ostréiculteur, 1 curé, 1 chanteur connu.

Utiliser les expressions : con comme la lune, j’ai perdu ma brouette, ça me gratte de l’intérieur, infections ovarienne

 

Cela faisait maintenant six ans que Gérard Legalleux, le boulanger cocu de Sainte Sévère sur Indre avait repris ses fonctions au village après quatre rudes années de captivité en Allemagne à planter des patates et se faire tripoter le biniou par son camarade de chambrée Lionel Vasseur.

Tout le monde l’aimait bien le Gérard. C’’était un taiseux mais toujours de bon conseil quand on lui demandait pas son avis.

Il était marié à la Gertrude, une femme acariâtre qui lui en faisait voir de toutes les couleurs, un vrai chameau ! Elle n’en avait que pour ses jumeaux, deux blondinets aux yeux bleus qu’elle avait nommés Gunther et Guntash parce qu’elle trouvait que ça sonnait bien avec Legalleux. Il avait été assez étonné de leur naissance cinq ans plus tôt vu qu’il ne la sautait plus depuis qu’elle était revenue de chez son médecin en déclarant qu’elle avait une infection ovarienne qui lui causerait d’affreuses douleurs si il lui montait dessus. Apparemment, elle aurait attrapé ça en se frottant sur la lunette des W.C du dentiste de Saint-Hilaire sur Bénaize. Alors le brave homme s’était résigné à laisser couler.

Lui ce qu’il aimait une fois son labeur accompli, c’était de faire tourner sa mappemonde puis de l’arrêter d’un coup sec sur un pays au hasard et de rêver qu’un jour quand Gertrude serait morte il partirait de ce bourg insignifiant.

Il aimait bien aller au café aussi où il avait grand plaisir avec Gaston Girardon l’huissier du village qui avait voyagé partout, surtout à Vesoul, avant de devoir, contraint et forcé, reprendre l’étude paternelle.

Il était fainéant comme une couleuvre, buvait du matin au soir, les yeux éteints, écoutant mollement les conversations météorologiques de ses concitoyens.

Mais quand Gérard arrivait une légère lueur dans ses yeux vacillait, cela voulait dire qu’il était super content ( Note de l’auteur).

Gérard lui posait moult questions sur ses voyages extraordinaires et il parlait sans plus s’arrêter que pour boire.

Il était toujours accompagné de son mainate qu’il avait ramené de Syracuse et qui le faisait devenir chèvre à force de hurler «  Geronimo ! » dans les oreilles à longueur de journée.

C’était un homme d’affaire brésilien nommé John Billy Bob Stipe 1 er du nom, spécialisé dans la commercialisation du moule à gaufre qui lui avait cédé l’animal pour quelques verres de mauvais vin et l’achat d’un moule à gaufre pour 2000 dollars. L’homme avait aussi voulu lui refourguer son varan soit disant domestique mais Gaston s’était ravisé en constatant que Stipe 1er avait quatre doigts en moins à la main gauche.

Enfin bref, le boulanger et l’huissier étaient copains comme cochons et se pochetronnaient allègrement ensemble ce qui n’était pas du goût de la Gertrude et encore moins de la Ghislaine la femme de l’huissier tenancière de l’auberge du village. Le pauvre en avait une peur bleue.

Ah, il fallait la voir manier le fouet comme une furie, ses employés filaient doux mais le pire c’était comme elle égorgeait dix chevreaux en 1mn30 avec un couteau à scie sur la place du marché ! Une tuerie je vous dis !

Quand elle venait chercher son mari au café, les yeux exorbités, toute tâchée de sang innocent, la poele à frire à la main, c’était le mainate qui donnait l’alerte en hurlant « Geronimo ! Geronimo » et en s’envolant dans le bar en fracassant tous les verres au passage. Tout le monde se bidonnait à la vue du pauvre Gaston qui la suivait docilement en courbant l’échine.

Et puis un jour, c’est là tout l’affaire qui nous intéresse, le 6 juillet 1950 précisément, un incident inexplicable et inexpliqué encore à ce jour  eu lieu.

Un ostréiculteur nommé Germain Lagraffe, revenant du marché de Brive la Gaillarde et accompagné de ses deux filles Géraldine et Gabrielle fit une halte au village. Leur arrivée fut remarquée car elles étaient bien apprêtées, bien grasses et bien nourries, appétissantes en tout cas pour tous les hommes du bourg.

Elles d’étaient rendues tout de suite chez le boulanger en gloussant et en faisant les précieuses ce qui n’avait pas été du goût de Gertrude à qui n’ailleurs elle n’avait adressé qu’un bonjour hautain. Par contre, elle lançaient des œillades coquines au pauvre boulanger qui se mit à transpirer comme un bœuf à la vue des deux petites putes… euh… pardon, je m’emballe, je vais aller prendre une douche ( pause publicitaire).

Alors je disais que ce gros pataud de boulanger tremblait comme un adolescent devant les attributs des charmantes demoiselles innocentes et avait bafouillé quand elles lui avaient demandé où elles pourraient se restaurer et même dormir. Gertrude observait son animal de mari du haut de son escabeau en pensant : «  Ils sont tous pareils ces bonshommes, un jupon qui passe et ça perd la boule ».

Il leur avait indiqué en rougissant l’auberge du Colvert, ajoutant qu’on y dégustait un sublime ragoût de sanglier en cocotte puis avait proposé de les y accompagner.

Elles avaient pris un air accablé :

- Avec cette chaleur insoutenable et tous nos bagages, je ne peux plus faire un pas avait dit l’une d’elle, la plus jolie.

- Oui et sans compter nôtre hyène domestique qu’un nommé John Billy Bob Stipe nous a refourgué à Sète et qui ne veut plus avancer avait ajouté l’autre.

Puis la plus belle avait planté ses yeux de biche dans les yeux globuleux et vitreux de Gérard.

- En fait, il nous faudrait un moyen de transport… Brave homme, possédez-vous une automobile ?

Devant tant de beauté et de gentillesse, le boulanger perdit totalement son sang froid et se précipita comme un enragé au dehors, renversant au passage l’escabeau où était perchée la Gertrude qui réussit néanmoins in extremis à se rattraper à la grosse poutre et à hurler :

- Tu es vraiment con comme la lune pauvre idiot !

Les deux sœurs, en voyant la posture ridicule de la Gertrude s’exclamèrent de concert :

- Ah, ah, ah, avec sa tête en forme d’entonnoir et ses grands ongles, on dirait ce drôle d’animal, le si bien décrit par le grand paléontologue Gottlieb dans les Rubriques à brac !

Pendant ce temps le boulanger courrait en tous sens en gueulant :

- Mais quel con ! J’ai perdu ma brouette ! Mais quel con !

Tout à coup et sur ces entrefaites ( putain qu’est-ce que j’cause bien quand même) le père Gérald, le curé de la paroisse arriva essoufflé, décrocha la Gertrude sous les quolibets des deux sœurs et parvint à reprendre son souffle et à articuler.

- Vous, vous ne devinerez jamais qui se trouve à l’auberge du Colvert ?

Tout le monde le fixa curieusement, attendant la réponse.

- Alors s’impatienta Gertrude c’est qui ?

- C’est Julien Doré, le vainqueur de la starac !

- De Nouvelle Star le rembarra Gertrude en remettant sa perruque poudrée à la farine de blé dur et certifié bio.

Et là, apparaissent Igor et Grichka Bogdanov comme par magie dans la boulangerie, portant toque de cuisinier et tenant qui une marise, qui une poche à douille, qui un rasoir à légumes.

 

Igor : Alors Grichka, que s’est-il passé avec le tube néon basse consommation spatio temporel ? Un déséquilibrage newtonien vibrationnel force *%µ£258_@ sur l’échelle de richter ? Ou alors une couille de pigeon dans le réservoir énergétique ?

 

Grichka : Non jumeau stupide à la gueule défoncée, tu es complètement à côté de la plaque tectonique d’Irlande subtropicale ! C’est une équation de physique cantique subliminale foirée qu’a détraqué les réacteurs atomiques au moment où je faisait revenir des pattes de poulet dans l’émission de ce malade d’Eric Léautay sur Cuisine TV, ça doit être à cause de l’induction et comme Julien Doré était en train de me sucer sous le plan de travail, il a du atterrir pas loin…

 

Le curé qui n’attendait que ça pour prendre la parole

- Oui, il est au Colvert et nous invite tous à un concert gratos ! Mais Grichka, quand vous dites sucer…

 

Igor : Il suffit homme d’église, vous avez parfaitement compris mais de nos jours, les homosexuels ne se font plus lapider par les paysans voyons. Tiens j’ai mon cerveau bionique qui me gratte de l’intérieur, il faut que j’en parle à Gilberte mon clone thermique à infra rouge ! Partons sur le champ Grichka retrouver ce petit pédé avant qu’il ne se fasse égorger par ces gens…

 

Contre toute attente, le concert se passa très bien et Julien interpréta avec succès tous les grands tubes d’un génie qui venait tout juste de naître dans le village d’à côté, notamment celui-ci que je vénère : Le petit bonhomme en mousse…

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J
Salut à toi, Mylène ! Je viens de lire "l'enfance" ; c'est très bien de poursuivre avec celui-là... ça détend... ;)
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M
<br /> Oui moi aussi ça me détend de réduire ainsi mon intelligence à zéro!<br /> <br /> <br />
S
yep !<br /> <br /> tiens Milène, ça commence ici : http://l.essaim.d.esprits.over-blog.com/article-31697150.html<br /> et y'en a 7 comme ça (8 avec toi)
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H
alors toi, tu mériterais une place chez nous !
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