Scène de rupture à Versailles
La comtesse :
Oh immensément
Oh infiniment
Je vous ai tant aimé…
Le temps d’une équinoxe
Le temps d’un solstice
Quel étrange paradoxe
Et surtout quelle injustice…
Sachez monsieur qu’à une époque
Notre amour était réciproque
Il y a deux jours, je vous ai tant aimé
Mais maintenant, vous m’agacez
Et oui monsieur, il fallait m’écouter
Lorsque je vous disais sur l’oreiller
« Apprenez moi des choses
Elevez moi dans les cimes
Peignez ma vie en rose
Avec des mots faites des rimes »
Ah, la vie est si cruelle monsieur
Nul n’est mieux placé que vous
Pour me comprendre et me soutenir.
L’amour n’est pas éternel
J’ai pour moi, des projets mirobolants
Dont certes, vous ne faites pas partie
Ne m’en veuillez pas si je vous délaisse
Mais à chaque regard vous croiser
Me donne la fièvre et me blesse
Car d’humour cruellement vous manquez
Pourquoi ces larmes dans vos yeux monsieur ?
Un peu de dignité que diable !
Si m’entendre déchire vos entrailles
Vous allez souiller non seulement
Ma réputation mais aussi mon jupon !
Non, vraiment, je ne peux décemment pas
Vous dire d’aller au diable
Car vous iriez, c’est probable !
Ah, j’aperçois mes amis
Adieu monsieur
Que la fête commence
Et qu’elle n’épargne personne !