Essai poétique
Mon vice et ma vertu
Dans les relents de ton parfum
Sur ma peau veloutée
Je puise en moi des souvenirs
De ta peau cuivrée et satinée
Dans la griffure de ton image
J’écorche ma cicatrice
Pour avoir une trace de toi
Toi, la fleur de rocaille
Qui pousse et croit au milieu de rien
Que rien n’empêche de vivre
Ni de respirer.
Toi, les yeux noirs qui cherchent
Une réponse dans mon ciel
Qui draguent le fond du marais
A la recherche d’une preuve
Les diables et les anges
Ne font qu’un
Ne font que vice et vertu
Ils se croisent, désinvoltes
S’étant reconnus bien sûr
Et l’air de rien, se donnent tout
Je rêve de soleil qui me déchire
Je veux que tintent tes bracelets
Négligemment dans le vent d’été
L’or, l’argent, le cuivre je veux
Qu’ils sonnent lorsque tu marches
Je veux qu’ils résonnent au rythme de tes hanches
Je veux qu’ils rendent fou
Le plus sage des hommes
Je veux qu’il espère
Des nuits endiablées
Je veux contempler ta cruauté
Je veux voir ta laideur dénuder ta beauté
Et rejeter tes cheveux de jais
A la face des imprudents
Croyant te dompter
Comme ils croient dompter un cheval sauvage
Ironie ! Qui les piétinera pour sa liberté
Les moutons sont faits pour être mangés
Les lions pour tuer
Les chevaux pour courir
Et toi pour aimer
Fées, sorcières et magiciennes
Mangent depuis toujours
A la grande table
Aux autres ne laissent que des miettes
Pour se substanter
Des miettes qu’ils contemplent
Comme des reliques sacrées
Ainsi fût Jésus
Moins prophète que charmeur
Moins Dieu que Diable
La preuve, nous en parlons encore
Ainsi vivent les purs
N’ayant conscience ni du bien ni du mal
Seulement de leur plaisir.