La vie de Marie ( ch.31)

Publié le par Milène se déchaîne

                                           CHAPITRE 31

 

 

Catherine nous servit l’apéritif. Elle ne cessait de répéter que ce n’était pas le genre de son mari d’être en retard à un rendez-vous et nous entretint aussi de la météo, conversation qui m’avait toujours profondément ennuyée.

 Enfin, ayant utilisé toutes les banalités d’usage, elle posa enfin une question qui allait me permettre de lancer la vraie conversation.

- Et alors, le mariage, c’est pour quand ?

- Justement Catherine, c’est pour très bientôt…

Elle s’extasia de cette fausse nouvelle avec une sincérité qui me fit mal pour elle.

- Ah, le mariage, c’est l’aboutissement d’une vie…

Cela me fit sincèrement de la peine de la voir se fourvoyer ainsi mais je continuai, je n’avais pas le choix.

- Oui, en fait nous allons nous marier et comme Stanislas part en tournée pour une durée indéterminée, il m’a demandé de l’accompagner et, pour allier l’utile à l’agréable, son groupe et lui m’ont demandé d’être leur manager. Pierrick a du vous dire que j’avais un talent indéniable pour tout ce qui concerne l’organisation…

Disant cela, j’avais posé ma main sur celle de Stanislas qui en profita pour passer son bras sur mes épaules.

Elle nous regardait avec un réel attendrissement et je m’en voulus d’avoir pensé du mal de cette femme à de trop nombreuses reprises.

Tout à coup, une idée sembla la sortir de sa rêverie.

- Et Pierrick est au courant ?

- Oui, oui bien sûr, j’ai démissionné la semaine dernière mais il voulait régler certains petits détails d’ordre financiers dans un endroit plus intime qu’au bureau… Vous savez comme les gens sont curieux…

Un bruit de porte me fit tressaillir.

- Tenez, je crois que mon mari est enfin arrivé !

Maintenant, il s’agissait de la jouer serrée et de retrouver ma dignité !

 

Il entra dans le salon et fut frappé de stupeur et de tremblements en nous voyant Stanislas et moi confortablement installés dans son canapé hors de prix en peau de buffle véritable. Il arborait la parfaite tenue du golfeur et, pour la première fois depuis que je le connaissais, je le trouvais ridicule dans cet accoutrement prétentieux.

Catherine n’avait quant à elle rien remarqué de sa surprise.

- Chéri, tu aurais pu me prévenir que Marie et Stanislas devaient passer ce soir ! Ce que tu peux être tête en l’air parfois !

Je me levai et dit de mon ton le plus aimable.

- Vous savez ce que c’est qu’un chef d’entreprise Catherine… Ça a mille occupations à la fois, ça ne peut pas penser à tout… Mais, ce n’est pas bien grave, ça nous a permis de faire mieux connaissance et de papoter entre femmes ! N’est-ce pas Catherine ?

Pierrick blêmissait à vue d’œil. Stanislas choisit ce moment pour se lever et aller lui serrer la main.

- Enchanté de vous revoir Pierrick… Dites moi, vous êtes un connaisseur, vos clubs sont magnifiques. Ce sont des King Cobra ou je me trompe ?

Pierrick acquiesça, dubitatif cependant que Stanislas enfonçait le clou.

Et, quel est votre handicap en ce moment ?

Au ton qu’employa Stanislas, Pierrick comprit que celui-ci savait tout. Il balbutia

- Mon handicap ? Euh…

C’était la première fois que je le voyais perdre ainsi sa contenance. Il nous regardait tour à tour Stanislas et moi se demandant ce qu’on avait bien pu raconter à sa femme.

Il se reprit tout à coup et demanda à Catherine d’aller lui servir un verre de vin.

A peine fut-elle sortie de la pièce qu’il s’approcha de moi, menaçant.

- Qu’est-ce que tu fais là ? Je croyais avoir été clair ?

Stanislas resta en retrait. Il avait promis de ne pas s’en mêler mais sa présence me rassura et je me lançai en fixant Pierrick bien droit dans les yeux. Je n’avais pas beaucoup de temps.

- Apparemment pas assez ! Ecoute, nous avons peu de temps… Je sais que le budget de la boite provient à 80 % des campagnes de ton beau-père. Je sais aussi que tu te trimballes toujours avec le carnet de chèques de la société sur toi donc, tu vas gentiment me faire un chèque d’un montant de 20 000 euros et après je partirais et tu n’entendras plus jamais parler de moi.

Il me regarda avec des yeux ronds, mélange d’étonnement et de colère.

Etait-ce moi qui avait parlé avec ce ton assuré ? On aurait plutôt cru la belle espionne d’un polar américain que Marie la chochotte !

Il m’attrapa le bras fermement.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
putin je suis accro...la suite....
Répondre
M
<br /> Je me demande si je ne vais pas écrire une suite rien que pour vous très chère...<br /> <br /> <br />