Le début, c'était par là: link
Y’m’revient par moments des sueurs froides dans l’estomac et je flageole des orteils quand j’repense à la branche dissidente des Kwaller, celle-là qu’on écrit Kwaller qu’avec un seul « L », ce qui fait Kwaler en gros. Les Kwaler avec un seul « L », c’est ceux d’chez nous d’auparavant qui sont migrés à une dizaine de miles de Killtown, au moment d’la guerre de sécession de 1945 pasqu’y avaient peur des japonais. Faut dire que les Kwaler, z’ont osé passer les rapides infranchissables de la Barjot River pour voir si les vaches étaient plus vertes de l’autre côté des NegroHills.
Bref, celle dont que je voulais vous causer par là-dessous, c’est ma cousine par inadvertance, Betty Sue Kwaler.
Betty Sue, c’t’une sacrée bourrique ! C’est comme une carie qui vous boufferait les dents à la vitesse eu d’l’éclair. Pire, comme un puma à pattes noires qui vous dévorerait les couilles d’un coup d’ratiche…
Elle était gentille pourtant Betty Sue…
Jusqu’à l’âge d’une dizaine d’années, c’était comme un ange qu’on voit dans les catalogues des abattoirs Sickmeal&Brothers. Bon, du fait qu’elle était belle comme une star de Hollywood, elle est pas restée pure bien longtemps la môme !
A la puberté adolescente de ses onze ans, elle a commencé à faire causer d’elle. On n’y peut rien : dans l’marais, on trouve toujours du monde pour vous faire la conversation, même quand vous avez pas envie d’parler…
Faut dire qu’la p’tite fille, elle en avait d’la conversation. Surtout quand elle parlait pas et qu’elle était de dos !
Un pétard du middle west comme on n’en voit plus qu’à Brooklyn Texas sacré vingt diou !
Y se dit que le Pasteur Johnny Croogflare l’aurait sermonnée d’un peu trop près dans le bois de Dogtown, pour la r’mettre dans l’droit chemin. On n’a jamais vraiment su c’qui s’était passé vu que, quand on a voulu l’pendre pour sauver son âme, le pasteur pouvait pu parler à cause qu’il avait la bouche pleine de ses couilles et qu’il avait été à moitié dévoré par les castors cendrés.
Betty Sue… Oh, Gogh, j’donnerais jusqu’à mon dernier cent pour la r’voir se baigner nue dans la BurgerKingRiver, nue comme au jour de sa naissance, parole !
Bien sûr, j’pourrais pas, vu qu’elle m’a crevé les yeux à coup d’galets pour avoir fait ça ! Héhé, sacré beau brin de fille mais un caractère de chacal hein ?
Le cul d’Betty, c’est la dernière chose que j’ai vu de c’monde avant d’attraper la cécité. Bô, j’me plains pas, y’a pire : ce s’rait d’être aveugle d’naissance et d’avoir jamais vu l’cul de Betty Sue !
Et pis, ça s’est jamais vu qu’j’voyais pu des yeux pasqu’au final, j’en ai pas tant besoin qu’ça d’mes globes visuels pour travailler ! J’suis convoyeur d’nitroglycérine chauffeur scolaire pour la MurderCompany. Les mômes m’aiment bien et mes chevaux connaissent bien la route… Mais bon, revenons-y au sujet qui nous intéresse, Betty Sue.
A c’qui s’dit, elle aurait été mariée et veuve le même jour, pour preuve qu’elle portait encore sa robe blanche immaculée conception quand son mari est mort.
Enfin, ça c’est c’qu’a raconté le pasteur BuffaloGrill Kwaller qu’est aussi de not famille mais plus du côté de la branche européenne de la famille ; du côté de Sydney Australie, voyez d’où que j’vous cause ?
Lui aussi a été prêcher la bonne parole du côté de ChickenRibs après qu’il a été chassé du marais par not grand-père, DiggerOneFinger Kwaller pour une histoire de trafique de fayots en boites.
Bref, y nous a dit comme ça que Betty Sue, c’était devenu un personnage important du PigDistrict. Elle conduisait même une voiture ! Une Cadillac a double essieu dimensionnel, avec vitres blindées traités anti-moucherons et, cerise sur le gâteau, pédale de frein ! Aussi vrai que j’vois pu des deux yeux !
Une automatique de 1899 à boite de vitesses et à traction arrière, un vrai bijou parait… La réussite sur toute la ligne s’vous voulez mon idée que j’vous donne !
Elle aurait fait fortune dans l’veuvage après avoir été mariée à une certain J.R.Ewing qu’aurait migré du Texas Californie pour v’nir s’installer dans l’Dakota du Sud, entre ChickenToastMixedCity et FrogFuckedFrenchTown.
Une vraie vérole à c’qu’on raconte, mais riche comme Jésus.
L’aurait convoité Betty Sue dans l’bar où qu’elle travaillait comme gauffrière-démineuse-éleveuse de chiens de prairie de combat !
Malheureusement l’Ewing, il avait pas l’don avec les animaux.
Les chiens de prairie de Betty Sue l’ont bouffé jusqu’au trognon. On a juste retrouvé ses dents en or dans l’enclos !
Elle se serait même remariée après un temps de veuvage de 24 heures conventionné dans l’marais pasque quand même, y faut respecter ce genre de politesse ; on est pas des sauvages tout de même !
C’t’ait un jeune blanc-bec du nom de Tim Kwaler, âgé de 14 ans. Y se dit même que ce serait son frère de éloigné, issu de cousins germano-prussien mais, vous savez c’que c’est les mauvaises langues dans un p’tit pays !
Les Kwaller, c’est un nom couru par ici-bas. Y’a pas moins de 1300 Kwaller dans tout le district pour une moyenne de 1300 habitants au bas mot !
Bon, nous on sait que c’est pas son frère mais plus surement son gosse qu’elle avait abandonné dans les marais pasqu’elle voulait se marier vierge d’vant l’Seigneur tout puissant…
On peut pas lui jeter la pierre, pasque par chez nous, la vertu d’une demoiselle c’t’aussi important qu’la gnôle frelatée. Enfin, le gosse avait été recueilli par RonaldMacDonald, trappeur de son état qui lui a appris tout c’qui savait, c’t’à dire rien.
Bon, c’pas que j’m’ennuie mais y paraitrait qu’Betty Sue veut revenir passer ses vieux jours par chez nous alors j’m’en vais aller m’baigner et m’savonner dans la Barjot River au cas où qu’elle ait des envies de m’rendre une visite de politesse…
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