Mardi 17 novembre 2009

 

 

Quand Bartholdi m’a imaginé ça bataillait déjà pas mal dans le monde en mon nom.

Quand on m’a livré en Amérique en 1886, j’avais, je le dis, la prétention d’exister vraiment et la ferme intention d’éclairer en pleins phares le monde entier de ma puissante torche brandie dans le port de New York.

J’avais une idée belle, noble, puissante et compacte de la liberté. J’étais trop jeune pour philosopher bien sûr.

La centaine d’années et des poussières que je viens de passer immobile et fière ne m’a pas empêché de regarder tout ce qui s’est passé dans le monde et de commencer à réfléchir sur ce que je suis censée représenter.

Ma torche, à force d’éclairer prétentieusement le monde à plein courant, a commencé à vaciller depuis peu alors on m’a installé des ampoules basse consommation.

« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. ». Proverbe poubelle qui rend bien compte selon moi de l’inextricable de la situation. Il y a des fois où j’ai bien envie de le baisser mon bras.

« La liberté ou la mort. ». Revendication scandée par toute personne privée de liberté ? Mais quelle liberté ?

- De mouvement ?

- De pensée ?

- De culte ?

- De conscience ?

- Individuelle ?

- Politique ?

J’ai pu remarquer que l’homme ou la femme voulant accéder à une vrai liberté et ce quelque soit la société dans laquelle il évolue (moderne ou archaïque) le paye souvent de sa solitude dans le meilleur mais non moins triste des cas sinon purement et simplement de sa mort.

La liberté est contraire à la société et au groupe, contraire aux intérêts de masse, dangereuse car subversive.

La liberté de mouvement est une bien belle idée mais finalement dans les faits, les trois quarts de la population terrestre peut à peine bouger le petit doigt et choisit la sécurité de sa communauté.

La liberté de pensée, si on prend le terme littéralement est bien sûr à peu près la seule qui pourrait être réelle si tant est qu’on soit certains de produire notre pensée propre, non insidieusement instillée par un tiers ou des résidus d’histoire familiale dans notre cerveau mais bon, jusqu’à présent, une pensée est immatérielle donc par essence, libre comme une sorte d’électricité inappropriable par autrui. Cependant, au train où vont les progrès technologiques je serais encore debout lorsqu’on pourra lire dans les pensées des autres.

La liberté de culte… Alors là, je peux témoigner d’une chose c’est que liberté et culte sont antinomiques par excellence.

Le culte par essence est soumis à des rites, à des règles, à des interdictions, à des punitions qui laissent réellement peu de place à la liberté subcitée juste au dessus.

Le culte est au départ plutôt parti d’une bonne intention lorsque les premiers sapiens sapiens ont choisi d’enterrer les morts afin d’empêcher les bêtes sauvages de dévorer les défunts ( ou de les attirer, peut-être l’intention était-elle moins noble et plus pratique ?) puis, peu à peu au cours des siècles, quelques illuminés sûrs d’eux et beaux parleurs ont décoré et bricolé un peu tout ça, ont mélangé du surnaturel, des dogmes, des règles, des péchés dans un chapeau magique et les religions sont nées et les premières « guerres de » par la même occasion.

Les siècles passèrent et la liberté reprenant ses droits, grand progrès un peu partout en Europe : la liberté du culte dans les démocraties laïques !

Casse tête abracadabrantesque quand le culte proprement dit entache « les libertés individuelles des individus », je devrais surtout dire « des individues » presque toujours d’ailleurs.

La liberté de porter une burka est-elle une liberté ?

Pour celle qui a « pris la liberté » de porter un pantalon, elle a du même coup pris la liberté de recevoir 100 coups de fouet.

Bon, pour la liberté de conscience, je suppose qu’on peut faire le rapprochement avec la liberté de pensée…

Pour la liberté politique, il y aurait tant à dire mais je vais prendre l’exemple de mon pays, après tout j’ai assisté à tant d’évènements. Je suis encore très étonnée que mon peuple ait élu un afro-américain à la tête du pays là même où ses ancêtres ont été esclaves et ont gagné la liberté oui mais la liberté d’être ghettoïser, de vivre en parallèle des blancs et où malgré ce qu’on veut nous faire croire, le mélange et le métissage sont toujours très mal vus.

Je crains quand même un peu pour lui, pour Obama en ce qui concerne un sujet extrêmement explosif si vous me permettez ce jeu de mot douteux, c’est le projet de loi sur la suppression d’une liberté fondatrice de notre peuple : la liberté de posséder une arme à feu.

Ah, la liberté de défendre sa propriété grâce à une arme à feu, c’est la genèse des États-unis d’Amérique, c’est l’alpha et l’oméga, la chose la plus sacrée que la vie, la nature, la mort, Dieu, le hamburger, le Coca-cola et même le pognon !

Soit, l’arme et la liberté de s’en servir fut bien utile aux temps des premiers colons qui parcouraient des territoires sauvages et extrêmement hostiles. Ils tuèrent quelques ours et loups aux crocs et griffes acérés mais l’arme et la liberté de s’en servir fut tout de même bien pratique pour déloger d’autres bêtes sauvages, humains ceux-là, communément appelés Peaux-rouges ou Indiens ou sauvages et leur voler leurs terres et les parquer dans des réserves et assommer leurs tentations de révolte à grand coup de bourbon.

Moi au départ, je suis Française alors vous pensez si la liberté est ancrée en moi. Non je plaisante !

Quand je pense à la révolution de 1789 j’ai remarqué que je rouille plus vite. Un déplacement des intérêts et des richesses habilement mené tout au plus. Des têtes coupées aussitôt remplacées et depuis inchangées.

Ah, c’est l’heure des visites, le jour est levé, on va venir m’admirer et me voir de près, non mais sérieusement, vous y croyez à la liberté vous ?

Ecrit pour les Impromptus Littéraires

 

Par Milène se déchaîne - Publié dans : Les pensées à la noix - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Vendredi 13 novembre 2009

Deux regards, deux sourires

Deux mains qui se frôlent

Une foule, un brouhaha lancinant

Verres avalés, fureur et verres cassés

Agitation, bruit et moiteur

Et au milieu de cette déferlante

Deux regards, deux sourires

Deux mains qui se frôlent

Elle ne peut détacher les yeux de sa bouche

Qu’importe ce qu’il lui dit ou lui tait

Elle veut cette bouche, l’avoir sur la sienne

Il fixe cette mèche bouclée sur sa nuque humide

Ce soir, il est vampire et veut sentir

Bouillonner son sang dans cette veine

Deux regards, deux sourires

Deux mains qui se frôlent

Il l’attrape par la main et l’entraîne simplement

Elle ne pense ni au mal ni au bien

Deux animaux assoiffés ? Non deux anges, deux enfants

Elle pense au fruit qu’elle va goûter

Il pense aux soupirs qu’elle va lui donner

Deux regards, deux souffles

Qui bientôt n’en font qu’un

A l’abri du monde dans la ruelle

Instant de beauté volé au milieu des poubelles

Deux regards, deux sourires

Quatre mains enfiévrées qui se déchirent

Ceinture arrachée, bas filé sur chair blanche

Dos projeté contre un mur tagué

Main saisissant, main empoignant

Une charnue chair laiteuse

Jambe diaphane s’enroulant, escarpin acéré

Autour d’un dos ambré

Baisers douloureux affamés comme enflammés

Ils expirent et soupirent soulagés

Leurs deux corps enfin mélangés

Ils entament une danse cadencée

Le rythme inné depuis la nuit des temps

Symphonie parfaitement orchestrée

Pourtant parfaitement étrangers

Pourtant tout de suite apprivoisés.

Deux regards, deux sourires

Deux mains qui s’éloignent

Deux amants d’un instant

Se saluent bêtement

Ils ne se reverront pas

A quoi bon ?

Ils ne se reverront pas

Mais ils n’oublieront pas

Deux regards, deux sourires

Deux mains qui se frôlent

Un instant volé au néant.

 

Image Mika

 

 

 

 

Par Milène se déchaîne - Publié dans : Rimes vers la prose - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Jeudi 12 novembre 2009

Attends pousse toi Dédé, j’vois rien ! C’est toujours le même problème à Cannes, y’en a que pour les photographes et les journaleux et pour nous que dalle !
Tu me portes sur tes épaules Dédé ? Oui je sais je pèse mon poids mais si tu veux des clichés intéressants y va falloir faire des efforts et lâcher ta Kro Dédé !
Ah, ouf, ça y est j’y suis ! Tu tiens bon Dédé hein ?
Ouhlà, y’a un étrange équipage qu’arrive sur le tapis rouge… Qu’est-ce que c’est ? Attends, c’est pas les monstres de « La guerre du ciel dans le ciel sidéral » ? Non, non c’est plutôt ceux de « Les extraterrestres vont tout péter »… Bouge pas Dédé, attends je prends mes jumelles en carton, attends…
Ah, j’suis con, ben oui, je reconnais bien Depardieu à droite, ça c’est sûr on peut pas le louper celui là, et ben qu’est-ce qu’il a du prendre comme cuite hier soir, il a une gueule ! On dirait un Picasso ah, ah ! Par contre à côté, je vois pas qui c’est ! Tu vois Dédé ? Mais regarde mieux enfin ! Mais merde Dédé, t’as encore trop picolé ! Mais non c’est pas Deneuve, elle est morte depuis trois ans ! C’est pas Laetitia Casta non plus elle est morte aussi voyons ! T’y connais vraiment rien en cinéma Dédé !

J’ai trouvé ! C’est Arielle Dombasle !
Ah et ben son chirurgien, il l’a pas ratée cette fois ! Remarque, entre les conneries qu’elle débitait à longueur de temps et un barrissement, y’a pas photo Dédé, j’préfère un barrissement !
Allez viens, j’ai mes photos, j’te paye un coup ! On reviendra l’année prochaine Dédé…


Ecrit pour les Impromptus Littéraires
Par Milène se déchaîne - Publié dans : Les défis à la con pour désoeuvrés - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Lundi 9 novembre 2009

La Daurade Sébaste Farcie aux Cèpes de Pays

 

 

Votre dévouée Milène a testé pour vous bande de goinfres, une petite recette de derrière les fagots retrouvée dans la vieille malle de la vieille

( et morte) Mémé Simone. Cette recette fut inventée par la dite Mémé Simone en l’an de grâce 1889 et secrètement et férocement cachée par cette vieille folle durant tout le temps qu’elle est restée en vie et avant qu’on hérite de sa bicoque qu’on a quand même réussi à vendre très cher à deux nigauds anglais plein aux as. Shocking ! Bon revenons à notre recette. Pour la réussir parfaitement, voici la liste des ingrédients à respecter scrupuleusement.

 

- 1 daurade sébaste de Californie ou de Stockholm calibre 50 et élevée sauvagement dans un parc à huître de Clermont-Ferrand ou de Taiwan mais SURTOUT PAS une daurade électronique qu’on trouve pour 3 euros aux puces de Saint-Ouen. Il faudra prendre un malin plaisir ( ça fait partie des concepts Milèniens de l’existence) de vous pointer à la poissonnerie le vendredi matin mais plutôt vers midi quand la queue dépasse les cinquante mètres et PRENDRE LE TEMPS ( 1H56mn) de choisir et de soupeser et d’examiner votre denrée sous toutes les coutures devant l’œil exaspéré des gueux qui viennent acheter leur filet de merlan ou de maquereau avec leur maigre budget. Vous êtes riches, il faut que ça se voit que diable !

Quand, enfin, vous aurez choisi la bête, il se peut qu’elle soit moins fraîche du coup, vous la demanderez « en portefeuille » sous l’œil vitreux et hostile de votre poissonnier qui ira frapper la stagiaire dans l’arrière boutique à cause de vous qui du coup s’ouvrira les veines avec une coquille d’huître de Marennes entraînant la fermeture temporaire du dit poissonnier.

Mettez votre paquet dans votre caddie à roulettes à tissu écossais et poursuivez magistralement vos courses dans les allées surpeuplées de gens incultes.

- 500 gr de Cèpes, le roi de la Forêt. Procurez vous les par relation surtout si vous êtes mignonne comme moi car le cèpe coûte cher. Liez vous avec le bedeau du village, celui qui bave quand il vous voit vous savez ? Faites lui miroiter un bon repas voire plus et je vous assure qu’il cavalera comme un lapin de Garenne et vous rapportera les petits bouchons, les meilleurs et qu’il vous les aura même nettoyés l’idiot. Une fois la marchandise en lieu sûr, arrachez votre chemisier, décoiffez vous, griffez vous et foncez dans le mur la tête la première en hurlant « Au viol ». Le bedeau à l’œil torve ira faire un séjour en taule et il connaîtra les joies de la sodomisation gratuite ce qui finalement lui rendra service.

- 2 échalotes ou échalottines comme on dit dans nos campagnes arriérées

- 1 bouquet de persil plat et non concave que vous volerez dans le panier d’un client étourdi à la sortie du supermarché

- Quelque pain rassis ( on en a toujours de côté pour le pépé croulant qui vit à vos crochets et qui se nourrit exclusivement de bouillon clair de radis noir et de pain sec parce que à l’heure de changer les couches c’est tout de même mieux)

- 2 verres de vin blanc ( le vin en bouteille de plastique de Pépé fera l’affaire ! Surtout gardez votre château Yquem pour votre pomme, c’est un vin qui se boit en égoïste et comme vous n’avez pas d’amis avec qui le partager, ça tombe bien)

-1 œuf de caille ( aisément remplaçable par un œuf d’autruche si vous n’avez pas de caille, remplaçable par un œuf de poulet si vous n’avez pas d’avion).

- huile d’olive de Casablanca

- sel, poivre

 

Coupez les cèpes grossièrement mais finement néanmoins, ciselez les en gros cubes inégaux mais de façon isocèle dans le but de faire une julienne de cèpes puis faites les suer ces grosses feignasses dans l’huile et les échalotes sur feu vif mais doux. Salez généreusement avec parcimonie et faites en de même avec le poivre du moulin moulu puis mouillez moi tout ça avec la vinasse à Pépé et laissez réduire de mouillé à humide et de humide à sec.

Ajoutez la mie de pain de Pépé ainsi que le persil non lavé et découpé à la hache sur le billot.

Battez l’œuf en omelette et faites travailler Pépé, avec son Parkinson cela vous évitera de vous fatiguer.

Ecartelez votre daurade qui de toute façon ne souffre plus et remplissez lui le bide et les ouies à rabord de votre précieux mélange et ficelez le tout.

Personnellement, je mets des rondelles de citron sur les yeux de ma daurade, ça me fait penser à Elton John.

Parsemez la bête écaillée de chapelure périmée et d’huile de friture et arrosez de vin blanc.

Faites cuire dans un four Whirlpool ( n° de série 25/5556/KU/003 et datant de 2002 acheté au dépôt vente d’Aubervilliers) préchauffé depuis 20 ans à 200 °.

Laissez cuire une trentaine de minutes puis dégustez sans attendre ce divin plat devant Pépé et son bouillon de radis noir.

 

Par Milène se déchaîne - Publié dans : Recettes de la Milène - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Dimanche 8 novembre 2009

Le radeau de la Méduse version Mika
Par Milène se déchaîne - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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