La vie de Marie ( ch.28)

Publié le par Milène se déchaîne

                                                            CHAPITRE 28

 

 

La fête était déjà bien entamée quand Narcissia et Manolo arrivèrent. Tout le monde parut stupéfait de découvrir le grand amour de Narcissia surtout Louisa qui avait du mal à cacher sa jalousie. Ainsi Narcissia, devait-elle penser, Narcissia, cette beauté, cette splendeur était non seulement amoureuse d’un monstre mais de plus il ne ressemblait à rien ! S’il avait été beau, elle aurait pu comprendre mais là, là. Il avait le gabarit d’un batracien et il était ridicule avec son chapeau et son gros ceinturon. C’était vrai mais le contraste rendait ma sœur encore plus belle. Elle le traînait de groupe en groupe et l’embrassait à qui mieux mieux pour bien montrer qu’il était à elle cette fois et qu’elle ne le laisserait plus filer.

Moi, j’avais enchaîné les flûtes de champagne en compagnie d’Yvan qui n’arrêtait pas de me resservir et de me raconter de grosses conneries et l’effet combiné des deux m’avait quelque peu grisée ou disons le carrément, j’étais bien bourrée moi qui ne buvais que rarement !

 

Yvan les observa un moment réfrénant son envie de rire. Il n’en croyait pas ses yeux.

- Quand ils veulent je les fais poser ces deux là ! Ah, Les mystères de l’amour !

- Et attend, tu ne sais pas tout ! Narcissia est enceinte… J’espère que l’enfant tiendra d’elle !

- Tu m’étonnes !

Nous partîmes dans un fou rire dramatique et je remarquai que Louisa me jetait des regards noirs. Elle et ses amies faisaient un peu bande à part en buvant des bières. Je me rendis soudain compte que je ne supporterais plus longtemps la cohabitation avec elle. Son extrémisme commençait à me taper sur les nerfs.

Soudain Yvan me mit un coup de coude.

- Regarde qui arrive ! Bah dites donc, il s’est mis sur son trente et un le frangin et il est bien accompagné…

Je me tournai vers l’entrée essayant d’ajuster ma vue qui commençait à être vraiment déplorable à cette heure tardive et à cause du champagne.

Je m’avançais en chancelant sur les Louboutin vertigineux de ma soeur.

L’homme qui nous faisait signe de la main accompagné d’une blonde sculpturale était bien Stanislas mais comme je ne l’avais jamais vu ! Rasé de près, cheveux lissés retenus en catogan et costard Paul Smith !

- Salut Marie ! Vu l’effort que tu as fait vestimentairement parlant ce matin, j’étais obligé !

- Ah, c’est gentil d’avoir eu cette gentille gentille attention pour moi Stanislas ! beuglais-je en me vautrant littéralement dans ses bras sans aucune considération pour la blonde qui prit un air méprisant et s’éloigna picorer au buffet suivie de près par Yvan alléché par ses attributs.

- C’est ta copine ? questionnais-je

- Je sais pas encore…

Il releva mon visage et me regarda en souriant.

- T’es jalouse ?

- Moi jalouse ? Mais pourquoi ? Non, je suis ravie, ravie, ravie pour tout le monde !

- Dis donc, on dirait que tu as pris de l’avance niveau champagne ce soir !

- Et oui Monsieur ! C’est pas tous les jours qu’on va être tata ! Viens, on va danser !

Je l’entraînai au beau milieu du salon où ma sœur officiait déjà, un Manolo enfoui dans sa poitrine.

- Stanislas, Manolo ! Manolo, Stanislas !

Stanislas salua un front dégarni ou les seins de ma sœur, qui sait, puis m’entraîna un peu plus loin.

- Elle repart alors ? Tu dois être contente…

- Et oui dis-je en buvant ma flûte cul sec. Tout le monde part, tout le monde me quitte…

Je me collais honteusement à lui.

- Hum, ressert moi s’il te plait, j’ai soif soif soif !

Il se dégagea et alla vers le buffet se saisir d’une bouteille remplie et bien fraîche.

Je l’enlaçai rendant scabreuse l’ouverture de la bouteille.

- Comme c’est gentil de m’abreuver…

- Alors, et toi qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?

- Qu’est-ce que je vais faire maintenant ? Bah, j’sais pas… J’vais chercher un boulot ou peut-être me jeter sous le train, j’ai pas encore décidé…

- Et ton ex patron, tu as eu des nouvelles ?

 

Quelle idée avait il eu de me parler de Pierrick dans l’état où j’étais ?

Une vague de colère me submergea soudain, irrationnelle, incontrôlable et je me mis à parler de plus en plus fort.

- Ah, la p’tite pédale ? Ah, bah non ! Il m’a bien baisée celui là et dans tous les sens du terme ! Il avait pas du tout l’intention de divorcer pour moi et il m’a virée comme une gueuse sans indemnités et pour finir en beauté, il se tape le stagiaire !

Stanislas essaya de m’entraîner à l’écart mais Narcissia s’avançait déjà vers moi l’air inquisiteur et alléchée par le scandale. Elle aussi avait descendu plus de mojitos qu’elle aurait du. Le silence s’était fait. Quelqu’un avait coupé la musique.

Stanislas fit une dernière tentative pour m’emmener mais déjà j’étais dans les bras de ma sœur secouée de gros sanglots.

Elle m’enlaça

- Oui, c’est ça ! Viens voir ta grande sœur, ce n’est qu’une vermine, tu n’as rien perdu !

Tout en reniflant et en buvant au goulot, je m’épanchais honteusement devant des inconnus incrédules.

- Et oui, comme une fille des rues ! Tout ça parce que je l’ai surpris en mauvaise posture avec ce Stéphane si tu vois ce que je veux dire !

 

Un attroupement s’était formé autour de nous.

Louisa s’avança et demanda à Narcissia ce que j’avais. C’est là que je me rendis compte que je n’aurais pas du boire et déballer mes sales histoires à ma sœur la veille…

Narcissia bourrée comme un coin et ayant un auditoire suspendu à ses lèvres partit dans une déclamation homophobe que rien ne pouvait plus arrêter.

Elle conspua ces «  dégénérés, ces erreurs de la nature, ces pervers que l’on devrait noyer à la naissance et même rétablir la peine de mort contre toute cette bande de pédophiles en puissance ».

 Elle ajouta en se tenant le ventre et en se resservant allègrement du rhum pur, un gros verre qu’elle «  agirait en mère responsable et que si son enfant présentait des déviances homosexuelles, elle n’hésiterait pas un instant à le faire interner en psychiatrie ou même elle le renierait ! ».

Louisa et ses amies serraient les dents. Il n’y avait bien que Narcissia qui ne s’était pas rendue compte que Louisa était lesbienne et elle la prenait même à témoin ! C’était surréaliste, tellement surréaliste que je desaoûlais immédiatement et tentais de faire taire ma sœur, en vain !

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H
rhooo ben là; je t'annonce déjà la gueule de bois du lendemain, les cheque a une asso gay quelconque pour esperer que Louisa excuse la pintade,et une Marie morte de honte apres la migraine....Bien.....très bien même...demain tu lui file de l'herbe pour voir ?
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